Elles arrivent souvent par deux ou trois
Elles marchent la tête haute, le pas droit
Celles qui ont dû tourner la page
Qui ont connu la fin du voyage
Elles ont vécu l'orage et les cris
Elles ont dû reconstruire leur vie
On pourrait croire que ça rend plus doux
Que ça ouvre le cœur un peu plus à tout
Mais quand je passe à votre hauteur
Il n'y a pas un mot, pas une fleur
Vous les femmes qui avez pleuré
Pourquoi ce besoin d'ignorer?
Pas un "bonjour", pas un regard
Vous fermez la porte du placard
Comme si ma peine à moi, c'était rien
À côté de votre ancien chagrin
Vous formez un cercle, un petit clan
Protégé par le vide et le vent
Peut-être que ma veste un peu usée
Ne colle pas avec votre liberté
C'est drôle comme on oublie vite
La douleur, la peur et la limite
Dès qu'on est sorties du tunnel
On devient dures, on devient cruelles
J'aurais cru qu'une blessure
Ça apprenait à voir celle des autres
Mais apparemment
Ça sert juste à construire des murs
Plus hauts
Allez, passez mesdames
Restez entre vous
Le silence vous va si bien